Lune de nielle

Aire, 1980

13.8x20.6 cm

88 pages

CHF 

Le premier récit de l’auteur publié. Le plus fougueux et poétique peut-être, d’une liberté totale. Sa première histoire d’amour dans une montagne érotisée, histoire de rupture aussi. Dans toute l’œuvre de l’auteur, il n’y pas encore d’amours heureuses. Erotisme et violence lyrique montrent ce que deviendra l’écriture ladorienne. Les thèmes sont déjà là dans ce pas de deux sauvage et halluciné.

 

Gilbert Musy a présenté ce livre : « Si la nielle désigne une plante aromatique, un parasite et une maladie du blé, le nielle est un émail noir utilisé en incrustation sur métal. Ainsi une lune de nielle, entre autres choses serait une lune noire. Une lune, donc, inverse de celle que nous voyons, mais conforme à celle qui est : un astre mort, éclairé seulement de l’extérieur.

Lune de nielle, c’est enfin ce texte érotique étrange et fascinant qui impose une autre inversion du regard propre aussi à nous rapprocher de la vraie réalité des choses. Si l’érotisme ordinaire s’empare du corps et de ses substituts symboliques pour que son action donne sens au monde, ici au contraire, la sphère érotique préexiste, constitue le lieu premier de l’existence mentale. L’usage érotique est le seul que Howard veut bien consentir aux montagnes, herbes, lac et autres constituants du « réel ».

Le commentaire qui enrichit le récit exige une attention soutenue, tant il explore de points de vue, survole de séries d’argumentations, dont le premier terme seulement est évoqué. Le jeu sur les mots et avec les mots qui double cette démarche lui ajoute une dimension lyrique, fondée dans le renvoi en miroir des rythmes, des sonorités et des sens.

Un texte déroutant sans doute, mais dont les échos ne quittent plus lecteur- signe qu’un transfert d’images et d’idées a dû s’opérer en profondeur. »

La couverture est réalisée par Serge Lador selon les indications de son frère.