Ecrire et lire l'érotisme

Mes écrits érotiques sont des textes de résistance et de jubilation. Ils peignent des héros et des héroïnes qui cherchent à jouir à la fois contre le système, gratuitement, alors que la pornographie est une façon de faire de l’argent, et pour la joie de vivre. L’orgasme est un canal exutoire comme le volcan. Plus il y a de libido plus il peut y avoir de détours, moins il y a de libido plus il peut y avoir d’imagination. On fait flèche de tout bois, le désir d’abord, l’interdit, le politiquement correct, la honte éventuellement, la beauté et la laideur, les différences, l’âge, l’humour souvent, le corps et l’esprit toujours. On peut mimer les jeux de pouvoir, à la frontière de la dérision, du jeu. Entre invention et répétition, le désir s’exprime, fleurit, rugit à travers des mots accélérateurs ou ralentisseurs.

L’improbable est possible. Tout est permis même si mes textes ne recourent jamais à des adjuvants chimiques, fussent-ils vegan. Tout est, en érotisme, dans la relation à l’autre, fût-il absent. On joue sur le temps et la perspective, le décor et le zoom, le point de vue et la subversion, l’attente et la surprise. Les mots, leur sonorité, leur aura. Le corps  s’entend mieux dans la nature silencieuse et vivace. La convulsion peut surgir dans le désert.

L’humour est un ralentisseur de l’excitation et dans notre société de la vitesse et de l’accélération, de la quantité et de la communication forcenée, l’érotisme peut prendre des formes antagoniques, on peut être seul ou à deux, ou à trois, recourir aux absents, inventer des rites, imiter des pratiques, abuser des circonstances, détourner les flux, s’arrêter, jouer sur la distance et les rapprochements, frôler ou envahir, imaginer des figures, les combiner comme on assemble des crus. Essayer comme Montaigne. 

 

L’exercice que ce soit dans l’écriture ou la vie est quotidien, c’est l’exercice conscient qui est le propre de l’humain en érotisme comme dans la vie. D’ailleurs l’érotisme c’est la vie consciente.

 

Pas d’érotisme sans conscience, sans vie, sans art, sans imagination, sans mise en images, en poésie, en mots, en scène, en silence, sans répétition, sans invention.

Comme la vie, l’écriture, l’érotisme demandent un état modifié de conscience, une perception modifiée, l’entrée dans un univers parallèle qui d’ailleurs va sans doute se mélanger avec celui ou ceux dans lesquels on croit vivre habituellement.