Décroissance développement

Hélice Hélas, 2013

11x17 cm

88 pages

ISBN 978-2-9700766-8-1

CHF 12

Lador, dont tout le monde connaît et aime l’écriture arborescente et labyrinthique, s’empare du pamphlet, un genre que, relativiste absolu, il ne pratiquait pas trop, et, parce qu’il croit en l’adaptation darwinienne (pour qui, ne l’oublions pas, prévaut la sélection sexuelle à la naturelle), il serre son propos, affirme sa colère, dénonce les contradictions, pour une fois du monde et non pas les siennes.

Le sujet, c’est la décroissance, philosophie ancienne (stoïcienne) autant sinon plus qu’action contemporaine et urgente. Bienveillant, il sait voir les mérites d’une telle position mais ne se fait guère d’illusion quant à son application générale car l’homme, s’il est bon en personne, est suicidaire en masse et seule la mondialisation appliquée, celle du capital virtuel, le fait courir à sa perte.

Le germe du développement est au cœur de l’homme et au lieu du développement intérieur, possible illimité, l’homme veut le développement extérieur, multiplication, vitesse, accélération, transformation, consommation et hubris, espérant échapper à l’implosion, l’explosion, la disruption qu’il engendre.

Mais Lador ne saurait être nihiliste et nous aide, au-delà du sentiment d’avoir lu un beau texte, œuvre littéraire indépendante, en nous proposant trois scénarios, dont le troisième est le plus beau.

Bon pédagogue, il conclut avec un programme en onze points, salutaire, dont nous livrons le dernier : Et souviens-toi, lecteur, de la devise de l’indépassable stoïcien, Supporte et abstiens-toi…

 

Illustrations d’Adrien Chevalley